vendredi 2 janvier 2009

Ponyo !!!

A quelques jours de la galette des rois, j’ai trouvé une petite fève pour l’année 2009 !

Un fève que tout le monde devrait trouver dans sa part de cinéma le 8 avril 2009. Il s’agit tout simplement du dernier film du génie de l’animation japonaise Hayao Miyazaki!

Alors pour les fans (moi, moi, moi…) voilà de quoi patienter!

Ohhhhhhhh, c’est trop kawaiiiiiiiiiii!

P.S.: pour revenir aux choses sérieuse, je vous rappelle que vous avez jusqu’au 31 janvier pour voter pour le film de l’année ici-même (sur la droite). Merci d’avance.

lundi 29 décembre 2008

The Dark Knight ou le devoir du citoyen

Cet été est sortie la dernière adaptation du célèbre héros de Gotham City: Batman. Réalisé par Christopher Nolan, The Dark Knight est la suite directe de Batman Begins. Je ne vais pas faire de faux suspense, The Dark Knight est une réussite et sûrement bien plus. Si Batman Begins s’était avéré original, cette suite est à un véritable chef d’œuvre et sans doute l’un des meilleurs films de l’année 2008.

Réussir un Batman après les deux films de Tim Burton m’avait toujours paru une chose impossible. De plus les nullissimes suites imposées par Joel Schumacher (il s’en est excusé ici) avait à mes yeux enterré l’homme chauve-souris au cinéma. Mais c’était avant de voir Christopher Nolan ressusciter le mythe. Il avait déjà éveillé mon intérêt avec son Batman Begins et m’avait séduit avec Le Prestige. Mais avec The Dark Knight, Nolan prouve qu’il est encore possible pour Hollywood de faire de très grands films. Des films qui peuvent s’adresser à un public plus exigeant que des ados libidineux et mangeurs de pop-corn.

Pour avoir voulu imiter le style de Burton qu’il ne maîtrisait pas, Schumacher s’était cassé les dents. La force de Christopher Nolan est de reprendre l’œuvre de zéro et d’y imposer son style plus dépouillé, plus réaliste, plus proche de la relecture de Franck Miller. En effet Nolan réussit à faire de son héros ce personnage sombre, seul capable de survivre à la noirceur de Gotham City et condamné à voir ses proches y être engloutis.

Dès les premières images, The Dark Knight s’illustre par l’ambiance particulière qu’impose le cinéaste. Sa Gotham City est très différente de toutes celles imaginées jusqu’a présent. Si l’espression “Gotham City” a souvent évoqué  New York, la ville aux vieux immeubles gothiques, Nolan en fait une ville aux tours vitrées évoquant davantage Los Angeles. Dans Collision, Paul Haggis fait dire à un de ses personnages: “du métal et du verre, c’est ça Los Angeles”. Mais Los Angeles c’est aussi la ville de Michael Mann. L’auteur de  Heat  est cité comme référence par Nolan. L’omniprésence des baies vitrées dans le film n’est pas fortuite.

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De même, la première scène du film: le braquage effectué par le Joker, est un hommage explicite à Heat (on y retrouve d’ailleurs William  Fichtner présent dans le film de Mann).

 

Scène du braquage dans Heat de Michael Mann

Scène hommage à Heat dans The Dark Knight de Christopher Nolan

 

C’est pourtant Chicago qui a été choisi pour tourner le film et représenter Gotham City. Chicago, la ville mythique de la mafia, de la contre-bande, d’Al Capone et de la corruption. Or Batman, personnage créé par Bob Kane et Bill Finger à la fin des années 30 est justement censé combattre  ce banditisme mafieux, une pègre qui est reprise dans le film. La Gotham City des deux auteurs originaux de Batman était donc une ville associant l’architecture gothique de New York et le légendaire banditisme de Chicago.

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Pourquoi s’attarder si longuement sur la cité me direz-vous? Et bien justement parce que le concept de cité est au centre du film de Nolan tout comme il l’est dans les comics de manière générale. En effet, chaque super héros se définit par son pouvoir, sa conception de la justice, son costume et par la ville dans laquelle il opère son “autorité” de justicier. Superman à Metropolis, Flash à Central City, Spiderman à New-York (l’un des rares justiciers à avoir une ville non fictive) et Batman à Gotham City. La dimension “ville” est omniprésente dans The Dark Knight. L’autorité n’y apparaît qu’ à travers l’administration municipale: police municipale (Le commissaire Gordon), justice municipale (le procureur Harvey Dent) et le pouvoir politique à travers la figure importante du maire. Quelle que soit la gravité des évènements c’est au niveau municipal que les solutions sont recherchées et à aucun moment une autre forme de pouvoir administratif ou politique n’apparaît (FBI, Gouverneur ou Président…). La ville est une allégorie de la nation comme durant l’antiquité grecque (Sparte, Athènes, Thèbes…). Même le crime est municipal, il s’agit de la pègre de Gotham (qui, elle aussi, se rassemble en “conseil municipal” durant la scène où le joker se présente à la pègre par un tour de magie mémorable)  même si celle-ci peut avoir des relations avec l’extérieur (Hong Kong, qui, vous l’aurait remarqué, est (était?) aussi une sorte de cité-état). “Cette cité mérite une criminalité de première classe” dit le Joker. Par un pirouette scénaristique (le manoir Wayne, situé en dehors de la zone urbaine, est toujours en reconstruction) Nolan fait même venir Batman et sa batcave en ville.

DarkKnightGLa cité est donc le noyau politique du récit, du drame.

La force de The Dark Knight réside dans le fait que la cité soit un véritable acteur du récit. Le principal ennemi de la justice c’est la cité elle-même. Par sa corruption, la justice y devient minoritaire et vouée à être étouffée dans l’œuf. Par la lâcheté de ses citoyens, les tentatives de justice ne trouvent aucun écho. C’est terreau de criminalité et de désespoir qui engendre des monstres (“freaks”) tel que le Joker, dont l’origine est volontairement gardée mystérieuse par le cinéaste. Souhaitant un Joker absolu venu du néant, Nolan crée de multiples explications à l’origine des cicatrices de son personnage. Mais quelle que soit l’origine inventée, celle-ci trouve toujours ses racines dans un milieu social misérable où l’état de droit n’est pas appliqué à cause de la corruption de la cité. Mais c’est également ce terreau qui a engendré Batman. Cette ville du crime, que Ras Al Gul voulait anéantir pour tout reconstruire dans Batman Begins, qui a provoqué la mort des parents de Bruce Wayne et de ce fait créé le Batman. Le Joker a très bien compris cette situation, c’est pourquoi il fait de cette ville au bord du chaos son premier allié. Ce parti pris de Christopher Nolan donne au film une ambiance sans précédent, une atmosphère dans laquelle toute tentative de justice semble vaine. Toute notion de super héros y disparait parce qu’il devient évident qu’un seul homme, aussi puissant, riche ou déterminé qu’il puisse être, ne pourra pas venir à bout d’une telle putréfaction. En ce sens The Dark Knight diverge de tous les autres films de super héros. L’idée que le héros puisse s’en sortir indemne et réussir à sauver tout le monde s’estompe très vite. On comprend alors que l’histoire contée par Nolan est le récit d’un drame, un drame inévitable pour tous ceux qui tentent de s’opposer à cette cité décadente et corrompue.

Cependant, une lueur d’espoir fait son apparition à travers le personnage d’Harvey Dent, le nouveau procureur de la ville prêt à affronter directement la pègre.

harvey-dent-believe-350w Si la tache semble insurmontable pour un seul homme, elle apparait d’un coup accessible à travers la constitution d’un triumvirat d’assoiffés de justice. La coopération du nouveau commissaire de police refusant la corruption James Gordon (allié de la première heure de Batman), de Batman et du nouveau procureur semble offrir une véritable chance. Harvey Dent constitue l’aboutissement indispensable à l’action du commissaire et du justicier. En effet, Gordon est incorruptible et dispose de force de police mais il ignore lui- même jusqu’où la corruption a pénétré son service. Da plus son action reste limitée par la loi et des poursuites judiciaires qui découleront ou non de son travail. C’est là que le procureur entre en scène, incorruptible également, il peut fournir de véritables suites judiciaire au travail de Gordon. Cependant face à l’ampleur de la corruption, les actions qu’ils peuvent mener sont limitées par un cadre légal trop restrictif pour contrecarrer une telle criminalité. Ici intervient Batman, capable d’agir dans l’ombre et au-delà des limites légales imposées aux représentants de l’ordre. Il peut utiliser des méthodes pour faire appliquer l’état de droit qui sont interdites aux deux autres fonctionnaires. Pour faire appliquer l’état de droit, ils utilisent donc des moyens qui vont au-delà des lois. Ce triumvirat devient alors redoutable et son action contre la pègre devient efficace.

Le Triumvirat de Gotham City

C’était sans compter sur l’apparition du Joker (incroyablement interprété par le déjà regretté Heath Ledger).

dark_knight_1 Venant de nulle part, il s’oppose au triumvirat par des méthodes perverses qui met chacun face à ses propres paradoxes. Batman, qui n’apporte en premier lieu que peu d’intérêt à ce personnage, préférant s’occuper de sa lutte contre la pègre, comprend probablement trop tard  qui se dresse vraiment devant lui. Le Joker est sa némésis, son exact opposé. Si Batman transgresse les lois pour faire appliquer la justice, dévoilant au passage son côté le plus sombre (l’interrogatoire du joker, du chef de la pègre et l’utilisation de la technologie de téléphone portable illustrent tout à fait ce penchant de sa personnalité) , le Joker fait de même. Il transgresse les règles même de la criminalité pour apporter le chaos, l’argent ne l’intéresse pas, le pouvoir non plus. Il se définit lui même comme un “Agent du Chaos”, son unique but est de “watch the world burn”.

vlcsnap-1027268 (2) C’est pourquoi Batman ne parvient pas à saisir les objectifs du Joker. La scène de face à face dans la salle d’interrogatoire est à ce titre édifiante, toute la rage et la colère de Batman n’arrivent pas à bout du Joker. Sa logique échappe à Batman. Ce n’est que lorsqu’il avoue n’avoir jamais voulu tuer Batman que ses objectifs se dévoilent. Ce dialogue évoque un numéro de la BD dans lequel Batman est annoncé mort et où le Joker, furieux, s’en prend à tous ceux qui sont susceptibles de l’avoir tué. Car sans Batman, le Joker n’a plus de raison d’être, il est son partenaire dans la danse macabre qu’il impose à la cité. - Sur ce thème, le film Incassable de M. Night Shyamalan est très intéressant, sa relecture des codes du comics dans un film fantastique est captivante -  Le Joker provoque la tragédie qui détruit le triumvirat de justiciers en le confrontant à ses paradoxes: Batman utilise des méthodes de hors-la-loi, le commissaire Gordon travaille avec des criminels: des flics corrompus et le procureur Dent veut faire appliquer des lois dans un système où l’appareil judiciaire ne fonctionne plus. Des lois qu’il souhaiterait en son for intérieur bien plus expéditives et implacables (ce n’est pas sans anodin quand Dent se fait passer pour Batman, il aspire à autant de liberté que lui). Et surtout, la dangereuse entreprise des trois hommes coute la vie à celle dont les positions étaient les plus juste et mesurées: l’assistante du procureur.

 

Scène de face de l'interrogatoire du Joker: l'impuissance de Batman est flagrante.

 

De ce drame naît Double-Face.

 harvey-dent-aaron-eckhart Harvey Dent anéanti par cet échec abandonne définitivement l’idée de faire appliquer un état de droit dans une Gotham aussi chaotique et décide de faire valoir SA justice. Celle-ci s’applique à tous, y compris à ses anciens compagnons de lutte et de manière violente. Il condamne James Gordon pour avoir sous-estimé la corruption de son service qui a provoqué la mort de son assistante et future femme. Il condamne Batman pour avoir sous-estimé le Joker et ne pas avoir sauvé la bonne personne. Certains spectateurs ont pu regretter que le destin de double face soit scellé si rapidement. C’est, à mon avis, ignorer le véritable intérêt du personnage. De tous les “vilains” de Batman, Double-Face est celui dont le principal intérêt réside dans sa création. Celle-ci accomplie,  l’intérêt du personnage s’amoindrit vite. Franck Miller, dans un documentaire (que je recommande)  présent dans les Bonus du DVD d’Incassable, explique le succès de la BD Batman par son incroyable panoplie de “villains”. Ceux-ci suscitent à la fois l’empathie et l’effroi du lecteur plus que dans tout autre comics.

Le drame de Batman consiste en la rectitude de son choix: sauver Gotham City alors qu’il n’y a peut-être plus rien à y sauver comme l’avait pensé Ras Al Gul. Le dernier acte lui donnera raison mais si Batman a pu sauver Gotham d’un chaos total, c’est bel et bien le Joker qui a pris l’avantage. En détruisant de l’intérieur le triumvirat d’hommes de bonne volonté qui auraient pu ramener l’ordre, il a anéanti les progrès obtenus. En faisant du plus courageux d’entre eux, Harvey Dent, un criminel, il a montré que personne n’était incorruptible. Batman endossera ses crimes pour préserver l’image médiatique du procureur Dent et sauvegarder la possibilité d’une incorruptibilité quitte à s’attirer la haine de la ville.

 

vlcsnap-1027973 (2)  Batman a l’impossible tâche de combattre Gotham City en même temps qu’il la protège. La combattre de l’intérieur et tenter d’anéantir la corruption qui la gangrène mais aussi la protéger de ceux qui, engendrés par elle, comme le Joker, souhaitent sa destruction. C’est une bataille sur deux fronts qu’il ne peut remporter seul, tout ce qu’il peut espérer au final c’est de réussir à repousser ses ennemis et revenir à un statu quo. vlcsnap-1027759 (2)Le héros de Christopher Nolan est plus que jamais seul face au crime, un sombre chevalier prêt à se salir les mains pour faire ce que personne d’autre n’est prêt à  faire.

  - On remarquera qu’un l’élément diffère dans le costume choisi par Nolan par rapport aux précédents: la cape. Si chez Tim Burton celle-ci recouvrait la plupart du temps les épaules et les bras pour donner à son personnage une véritable similitude avec l’animal incarné: la chauve-souris (les films de Burton sont des véritables fables animalières, particulièrement Batman le défi dont la lecture peut se faire à plusieurs niveaux), chez Nolan, la cape est portée en arrière, découvrant les épaules et donnant une noblesse chevaleresque au personnage –

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The Dark Knight (première adaptation cinématographique ne comportant pas le mot Batman dans son titre) n’est pas un film de super héros comme les autres. C’est sans doute ce qui explique son succès (ainsi que les circonstances de la sortie du film: mort d’un acteur après sa meilleure prestation…). Burton avait superbement réussi à faire rentrer l’univers de la BD dans son propre univers visuel et narratif mais n’avait pas effectué de réflexion sur les thèmes entourant le personnage de Bob Kane et Bill Finger. Christopher Nolan a su réinventer le personnage et surtout exalter les thématiques impliquant l’idée d’un justicier masqué. Par une relecture riche et pertinente, il fait apparaître la nécessité d’implication de tous pour obtenir des résultats. On ne peut s’empêcher de penser en voyant le film qu’un homme seul ne peut rien face à un système en panne. Cela renvoie inévitablement au devoir de chacun vis-à-vis de la société. Comment réagir en tant que citoyen face à un état de droit en déliquescence? Nolan est plus optimiste que moi! Si le dilemme opposant les deux ferries piégés devait se produire un jour, je suis à peu près certain que l’un des deux aurait explosé (probablement celui des prisonniers).

The Dark Knight est un film puissant qui laisse espérer un troisième opus tout aussi innovant et original. A l’heure où je croyais n’éprouver plus que de l’écœurement pour les films de super héros dont la fabrication constitue l’essentiel de la production hollywoodienne. A l’heure où je ne pensais plus voir Hollywood avoir de l’audace et produire autre chose que des films pour adolescents attardés avec des effets spéciaux multicolores et une morale patriotique. Christopher Nolan livre une tragédie et crucifie le concept de super héros pour mieux le ressusciter. La tragédie qui nous est conté est celle d’un justicier qui est passé tout près d’une victoire qui lui aurait permis de raccrocher sa cape. La combinaison d’hommes de bonne volonté  qui constituait le triumvirat a bel et bien failli bluffer les syndicats de la pègre. Mais la criminalité de Gotham n’avait pas encore joué toutes ses cartes car dans sa manche, lui restait un… Joker!

The Dark Knight

dimanche 28 décembre 2008

Rêve ou Cauchemar ?

Comme moi, vous avez été fan durant toute votre enfance ?

Comme moi, vous en avez rêvé pendant toute votre adolescence ?

Comme moi, une fois adulte vous vous êtes dit: non c’est irréalisable au cinéma?

Eh bien comme moi, vous allez surement voir vos pires craintes se réaliser!

Courage! Vous ferez, comme moi, semblant que ce film n’est jamais sorti !!!

jeudi 12 juin 2008

Phénomènes

Juste quelques lignes pour rappeler qu'aujourd'hui sort l'un des films que j'attends le plus en ce début d'été (pourri) 2008, à savoir le nouveau M. N. Shyamalan: Phénomènes. Certes Shyamalan peut être inconstant et offre parfois des films décevants mais même quand c'est le cas, il livre toujours de véritables moments de pure mise en scène. C'est pourquoi, même le moins réussi de ses films demeure intéressant et mérite de s'y attarder. Et dans ses grands jours il tout simplement capable de pondre des chefs d'oeuvres, c'est en tous cas mon avis! Je vais donc me précipiter dans une salle obscure pour vous dire si le Shyamalan nouveau est un grand cru...